Les deux pôles de M

27 décembre 2006

Un message de ma chérie!


J'avais un joli message dans ma boîte de courriels dimanche! Et Mamathilde m'a dit que ce serait une superbe idée pour relancer mon blogue que je n'ai que trop laissé de côté... Je vous laisse lire ce que ma chérie d'amour m'a écrit comme lettre pour Noël. Et on se reparle bientôt!

Coucou maman,

Aujourd'hui on est le 24 décembre et il fait un beau soleil.

Ça faisait 2 jours que je n'étais pas sorti de mon box à cause du verglas et du mauvais temps.
Mais aujourd'hui Aude m'a sorti dans un paddock sur herbe pour que je me dégourdisse les membres (regarde les photos de moi aujourd'hui).

Depuis que tu es venu me voir la dernière fois j'ai pris du poil (un petit duvet de nounours) et je commence à comprendre que ça ne sert à rien de m'exciter sans raison car on ne va pas m'oublier ni me faire du mal (j'ai compris que lorsqu'Aude faisait la grosse voix, il fallait que je me calme sinon elle ne venait pas me voir et me gratter le front).

Par contre je continue à être assez cochonne, c'est parceque ça ne me dérange pas de faire caca, pipi et de manger au même endroit. Mais mes 2 copines ne font pas comme moi et je commence à avoir l'idée de faire mes crottins au fond du box (mais c'est pas gagné car les mauvaises habitudes sont difficiles à perdre...).

Ah oui, j'ai découvert une nouvelle friandise : le pain. Au début je ne savais pas vraiment comment réagir face à ce nouvel élément, mais mes 2 copines m'ont vite fait comprendre que c'était comestible et que je ferais mieux de le manger tout de suite sinon elles allaient se charger de le faire pour moi.

Je suppose que tu dois travailler beaucoup en ce temps des fêtes dans la librairie pour gagner des sous et que papa livre beaucoup de courrier du père Noël.
Alors en attendant que tu viennes me panser et me gratouiller, je te fais de gros reniflages et un bisous baveux.

Aglaé

02 juin 2006

Temple de la renommée

Ça fait longtemps que je veux vous parler du temple de la renommée d'Édouard... Je n'ai jamais vraiment osé, parce que je sais qu'il me lit, et qu'il me visite même si j'écris très infidèlement. Je me lance enfin, non par vengeance, mais plutôt par tentative de résolution d'une énigme qui m'a toujours fascinée, mais aussi inquiétée.

Il a pris, un jour, de plein gré, la charge du souvenir, de conserver la gloire du passé sous une cloche de verre. Il est le gardien des temps perdus, oubliés.

Quand Haplo est mort, il a promis de conserver le secret d'une lettre cachetée, qui ne devait jamais être lue. Mais cette promesse il se l'est faite à lui, pas au défunt. La preuve que nous sommes hantés par les fantômes que nous voulons bien choisir.

Le Gardien a commencé sa carrière de protection bien avant l'incident du suicide de septembre 2000. Sa spécialité : sa collection de femmes. Ni réelles ni artificielles, sa collection est faite d'anciennes flammes, d'anciennes amantes, d'anciennes blondes, brunes, d'anciennes amies. Et chaque femme qui décide d'entrer dans sa vie se voit livrer le poids de dix ans de conquêtes plus ou moins passionnées, d'amours parfois durables qui s'estompent très, très lentement.

C'est flatteur de se trouver sur un piédestal, figée comme une statue dans toute la splendeur des meilleurs moments, dans une pose souriante, joyeuse, forte comme la pierre dans laquelle nous avons été fixées. Une fois parties du passé, nous montons sur notre bloc froid de marbre et nous espérons au moins ne pas trop intimider la prochaine, parce qu'on se sent toute petite lorsqu'on fait partie de son présent, maladroite devant ces figures de proue qu'il nous a décrites encore et encore.

À la fin de mon histoire avec le Gardien, Mamathilde essayait de me consoler, malgré la noirceur qui me narguait, malgré les larmes qui finissaient toujours par couler. J'étais, à mon sens, la dernière des imbéciles, l'insecte qui se rabattait sur la condescendance envers la petite qu'il avait enfirouapé (elle s'est longtemps appelée la p'tite-crisse-de-coiffeuse...) Je me suis mise à lui raconter l'histoire du Musée de Cire, des princesses, des déesses et des guerrières sur leur podium... De la p'tite nouvelle dans sa vie, avec laquelle il répétait les mêmes charmes qui m'avaient séduits... Et elle m'a dit qu'elle devait se sentir encore plus minuscule celle-là face à la Cléopâtre que j'étais devenue en quittant son quotidien. Cinq années de vie commune, un drame qui a baptisé notre union, un couple que nous avons bâti sur des fondations croulantes en espérant rester fidèles à celui qui est parti.

Cléopâtre? Moi? peut-être. J'ai réalisé devant notre pichet de Rousse qui est devenu depuis traditionnel, que j'avais grandi, que je ne me sentais plus petite à côté de Anne, de Claudie, de Catherine. J'avais enfin rejoint les rangs et je pouvais désormais le regarder de haut, un peu froide, peut-être indulgente.

Devant cette bière là, j'ai parlé d'une jeune femme dans la vie d'Édouard en évoquant son prénom. Mamathilde m'a regardé curieusement. Elle n'était plus la p'tite-crisse-de-coiffeuse. Je crois que j'ai guéri un peu plus cette nuit là.


Édouard, je suis désolée des méchancetés que j'ai pu dire. Louve blessée mord. Mais au fond, j'aime mieux être sur mon piédestal, la vue y est plus belle, et la pression moins forte. Tu excuseras la froideur de la pierre... parfois tu me manques...

28 avril 2006

Mea culpa

Je croyais qu'en prenant du recul, je serais plus à même de créer tellement j'aurais d'idées qui me chatouilleraient l'esprit. Eh bien non. L'écriture est un travail qui devient plus fluide avec la pratique et bon, je l'avoue, je ne me suis pas exercée depuis longtemps.

Depuis l'accident d'Aglaé, il y a maintenant 5 semaines, ma routine a dû changer. J'ai dû prendre mes journées de congé pour faire des allez-retours à l'écurie, prendre mes matinées avant le travail pour faire de même.

Et, franchement, je suis une paresseuse née. J'aime dormir. Le plus souvent possible. Surtout le matin, quand le soleil me réchauffe par la fenêtre. Je ne sais pas si j'aime autant les chats parce que je leur ressemble ou si je leur ressemble parce que je passe autant de temps à les observer.

Comme ce matin, j'étais levée tôt, j'ai commencé à m'activer, à faire le ménage de centaines de courriels qui s'accumulaient sans raison dans ma boîte, à faire le tour des blogs (que je n'ai pas fait depuis des semaines), j'ai même déjeuné. Radjah miaule, me demande mon attention, frotte ses joues sur l'écran du portable, et se roule en boule sur mon oreiller.

Comment résister? Je me suis roulée en boule autour de lui et j'ai dormi un 2h supplémentaire.

Il est 15h et je n'ai rien fait encore qui était sur ma liste de priorités. Ma liste s'est drôlement allongée depuis la fracture de ma cocotte. Je suis complètement désorganisée, déjà que la planification n'était pas mon fort. Et il a fallu que le maudit virus de l'inflenza me pogne cette année, me fasse des siennes parce que je ne peux même pas soulager mes symptôtmes avec un décongestionnant ou un sirop à cause des interactions avec mes béquilles pharmaceutiques. Je n'avais jamais déliré à cause de la fièvre avant cette semaine... Ce n'est pas super comme expérience...

Bon, je vous quitte, je vais essayer de faire une surprise à Lewie pour le consoler un peu avant qu'il ne revienne de travailler... Je vous jure, Dr Wily était le meilleur hamster au monde.

30 mars 2006

Quelques pas de danse et une fracture multiple

C'est pas beau à voir un cheval qui n'ose plus déposer son pied, qui a les yeux pleins de douleur et d'incompréhension, qui frissonme et qui tremble parce qu'elle est en état de choc. Et moi qui espérais que ce soit une tendinite, un nerf coincé, une contusion dans la sole. Vous auriez dû voir la radiographie. La deuxième phalange a complètement éclaté, les lignes de fracture sillonnent le petit os du pied de long en large, les deux articulations sont compromises. Je me souviendrai toujours du claquement inquiétant que j'ai entendu. Ça résonne encore dans mon cerveau, le son d'une lanière de cuir qu'on fait claquer le plus fort possible, dans l'écho du manège intérieur.

Qu'est-ce qu'on fait avec un cheval qui s'est cassé une patte? On l'euthanasie parce que les soins et la chirurgie pour le soigner coûtent autant que de s'en racheter un autre. Parce que, de toute façon, sa carrière est finie. Il n'y aura plus de compétitions, et une faible, très faible chance qu'on puisse remonter un jour.

Mais je me fous de me racheter un autre cheval, ma moité de centaure ne se fera pas tuer parce qu'elle s'est cassé le pied. Ce serait vraiment trop con. Je suis maintenant encore plus endettée que jamais. Mais, merde, Aglaé m'a sauvé la vie plus d'une fois. Vraiment. Elle m'a longtemps raccrochée, elle m'a enpêché d'abandonner cette existence qui me teste à chaque tournant. On a beau arriver de mauvaise humeur à l'écurie, le temps qu'on passe à minoucher une belle jument affectueuse, on sourie.

Je ne pouvais pas imaginer à quel point Aglaé serait sage dans tout ce qu'il lui et arrivé. Elle n'a aucune malice, aucune aggressivité accumulée à cause de la douleur. On dirait qu'elle me fait vraiment, entièrement confiance. Elle n'a presque pas bougé quand on a fait son atelle pour le voyage vers la Faculté de Médecine vétérinaire. Elle a POSÉ tout son poids sur sa blessure pour monter à bord de la remorque. Elle est restée patiente et immobile pendant les radiographies et pendant que les étudiants, les internes, le résident et le clinicien la manipulaient. À sa place, je serais devenue folle.

Lorsque je suis arrivée chez mes parents ce soir là, quelques heures après l'accident, quand on contemplait toujours l'option de mettre un terme à sa vie, ma mère m'a dit que peut-être que la mission d'Aglaé était de me sauver moi. Eh bien, moi, j'ai décidé de la sauver elle. De la soigner, de la prendre en main et de la ramener vers le confort, et, avec un peu de patience, en faire la maman de mon prochain cheval.

La chirurgie s'est déroulée à merveille, son réveil de l'anesthésie a été rapide et sans encombre, elle a passé 9 jours à l'Hôpital des Grands animaux, elle est enfin rentrée à la maison dimanche dernier. Les soins sont nombreux et doivent être répétés à tous les jours, mais depuis ce temps, il est plus facile de me lever le matin, de faire 50km aller, 50 retour, filer au travail, me coucher et recommencer le cycle le lendemain. Depuis que j'ai décidé que je voulais la liberté de voir ma jument vivre, mon horaire est plus restreint et difficile à suivre.

Et je sais que ces contraintes sont plus que contrebalancées par la joie de sentir GlaGla respirer dans mon cou.

09 mars 2006

Dragon nocturne

Mes rêves me torturent dernièrement, je rêve que je m'engueule avec les gens de mon entourage, que je me fais attaquer de tout bord tout côtés, que je baise le premier venu sans âtre capable de me contrôler et je sais que je n'aime pas ça. Mais, même si j'ai un goût amer en me réveillant, j'ai le confort de savoir que tout n'ira pas si mal en fin de compte.

J'ai une amie qui ne dort plus parce qu'elle a peur de rêver à CE rêve. Et part "ne dort plus" j'entends 2 heures coupées en périodes de 15 minutes depuis plus de 3 semaines maintenant. LE rêve qui est de plus en plus réel et qui refait surface parce que la vérité, elle l'a oubliée pour continuer à vivre. Elle écrit en toute vitesse pour enfermer ses pensées dans un journal qu'elle ne relira jamais et quand on lui lit, elle ne sait plus que c'est elle-même qui l'a vécu et qui l'a écrit. Comme lorsqu'on se détache, lorsqu'on prend du recul quand on lit un roman d'horreur, pour se rappeler que nous ne sommes pas poursuivis.

Mais elle est poursuivie, poursuivie de ses souvenirs qu'elle a chassé si longtemps et qui viennent hanter ses nuits. Le jour elle sourit et elle rit, mais ses yeux restent toujours tristes et elle s'acharne à mourir de faim même quand elle sait qu'elle est plus belle quand elle montre ses courbes. Des hordes de spécialistes l'ont vue passer, sans jamais pouvoir toucher son coeur, sans jamais trouver le fond du problème, sans jamais pouvoir ouvrir la coquille de l'huître qui s'est scellée il y a des années. Et elle se connaît, elle est intelligente, non, brillante, elle en a plus appris sur la psychiatrie et sur la psychologie que bien des auteurs de psycho pop. Mais rien ne change vraiment, la médecine ne peut rien faire pour elle parce que son âme a été déchirée, et qu'un morceau a été volé. Et il manquera toujours. Elle cicatrisera, et sa balafre, on la verra dans ses yeux toujours humides. Et peut-être que lorsqu'elle aura tout vu, vraiment tout vu dans LE cauchemard, elle pourra enfin oublier pour de bon l'horreur qu'elle a vécue.


Elle se reconnaîtera peut-être ici, ou peut-être qu'elle ne voudra pas se reconnaître. Je dois donc le dire moi-même, sa douleur me hante comme la douleur de toutes ces femmes à qui on a volé une étincelle de leur âme. J'ai beau me torturer l'esprit pour comprendre comment on peut être aussi cruel, je ne trouverai jamais de réponse. À toi, ma belle, je te souhaite de finir par combattre ce dragon de noirceur qui gruge ton coeur et de pouvoir enfin monter ton cheval et de briller par ta victoire.

02 mars 2006

Le dessin en question


Le voilà le dessin qui m'a fait chavirer si fort! Je l'ai montré à mes amis, à ma famille au réveillon, à mes collègues au travail et je l'ai traîné dans mon sac pendant plusieurs semaines.

24 février 2006

Danser

Un, deux, un, deux...

Une voix résonne dans sa tête. Celle qui la tient est sérieuse plus que jamais. Nerveuse sur une terre encore inconnue, elle se rebelle un peu. Effarouchée du contact de sa bouche sous les doigts de sa main, des pressions de ses jambes sur ses flancs. Elle sursaute, le contact n'est pas régulier. Celle qui la caresse est nerveuse aussi et elles avancent vers la barrière qu'elles franchiront ensemble dans quelques instants, unies par les sensations recueillies par les mains, la bouche, les jambes, le bassin, les flancs.

«Un, deux, un, deux... Doucement ma belle, doucement...»

Tout le poids de sa cavalière la retient tandis qu'elle la pousse dans un nouvel effort d'engagement. Elles apprenent ensemble à danser, à devenir des Centaures. La sueur perle sur le front de la cavalière, et l'écume s'étend sur le poitrail puissant de la jument noire. Il faut que ce soit joli, il faut sourire, garder la tête haute, il faut que les pas de danse soient légers. Et les muscles tendus souffrent en silence devant le gros monsieur qui prend des notes assis dans sa chaise sous le parasol à l'autre bout de la carrière.

La cavalière a chaud dans son haut de forme, son veston, ses pantalons blancs et ses bottes... La jument réagit trop fortement aux demandes de celle qui tente de la retenir. Elles respirent ensemble une dernière fois avant de franchir le portail. La musique commence et l'environnement s'estompe, devient une simple toile d'aquarelle, une nature morte. Elles sont enfin unies et oublient qu'elles ont des dizaines d'yeux qui sont tournés vers elles. Elle répètent les mouvements qu'elles ont répété des centaines de fois. Le rythme, toujours le rythme, un, deux, un, deux... Les foulées sont souples et elles ont l'air de flotter. Une petite fille, accrochée à la clôture, voit des ailes se déployer et retient son souffle pendant les figures les plus difficiles. Mais elles dansent, dansent sur un nuage, dansent ensemble comme jamais elles ont dansé...

La musique s'arrête quand elles prennent leur pose finale devant le vieux monsieur qui n'est pas impressionné, mais qui accepte la salutation. Et elles savent toutes les deux qu'elles ont fait la performance de leur vie, qu'elles seront critiquées, qu'elles devront travailler encore plus fort, parce que l'extension de la grande n'était pas la meilleure, que le dos de la petite était trop rond, qu'elles n'ont pas suffisamment rassemblé leurs pas dans le troisième tournant. Mais en retournant à la maison ce soir là elles seront encore ensemble et qu'elles se feront tout le bien du monde en jouant dans le parc comme des poulains.

Je vais soumettre ce texte au Coïtus impromptus, ce sera ma première tentative...

23 février 2006

Trois jours de fête

Nous venons de terminer nos trois journées dédiées à nos débuts amoureux. Débats aussi.

Le 20, j'espérais qu'il reste, qu'il dorme ne serait-ce que dans la même pièce que moi. Finalement, nous avons dormi dans les bras l'un de l'autre.

Le 21, il fallait sonder le terrain des amis, parce que finir avec un ami d'une amie, ça peut rendre les choses compliquées, surtout quand son ancien amour à lui est une amie de mon amie en question. Ce fut une journée un peu chaotique, digne d'une course à l'amour à l'école primaire.

Vas-tu être fâchée si je prends ton ami comme mon amoureux? Et que va dire ton amoureuse à toi? Et que va-t-Elle dire quand elle saura qu'il a trouvé quelqu'un de nouveau et que cet amour est moi?

Tout ça mélangé avec un soupçon d'inquiétude, une bonne dose de papillons qui nichent dans le ventre, et l'exaltation de l'embrasser et de me faire embrasser en retour. Et d'avoir le goût de parler, parler, parler, tout raconter sa vie, ses bons coups, ses folies, ses passions et de le voir s'abreuver de mes paroles au flot débordant.

Ce soir là, il est entré dans ma chambre (et non Lau, je ne donnerai pas de détails), et je me suis sentie enveloppée de tendresse. Je n'avais pas si bien dormi depuis avant la fin de mon précédent couple. J'ai toujours eu de la difficulté à dormir seule. Il y avait mon beau Radjah qui trônait sur l'oreiller libre et qui me protégeait avec ses grandes dents de vampire et ses griffes qu'il effile sur le coffre de bois. Mais Radjah ne pouvait pas me prendre dans ses pattes le temps que je m'endorme. Lew l'a fait et j'ai compris que toutes mes escapades étaient du passé, que je n'avais plus besoin de me retrouver chez des inconnus à chercher un peu de chaleur et de partir en douce le lendemain matin.

Le 22, on a passé toute la journée ensemble. À se regarder comme des imbéciles des heures de temps. Il m'a dessinée ce jour là. Moi! en dessin avec mes baguettes et mes lunettes, et mon air timide et souriant. Pendant tout le temps des fêtes, j'ai traîné le dessin dans mon sac à main, en le montrant à qui le voulait (ou ne le voulait pas parce que, de toute façon, je l'agitait sous leurs yeux) en disant : «Ça me ressemble hein!?!»

Ce n'était pas prévu, mais le 20 février nous avons mangé dans un bon resto, le 21 on a pris quelques verres dans un pub sympathique et le 22 on a passé du temps ensemble avec ma belle Aglaé, ma jument qu'il aime de plus en plus.

C'est ainsi qu'est née notre nouvelle tradition de fêter pendant trois jours nos débuts amoureux.



14 février 2006

La libération d'Atlas

Soupir. Long soupir de détente. Sommeil enfin réparateur.

Il est aller chercher de l'aide, il cherchait depuis si longtemps, mais ne savait pas comment en demander. Il me remercie de l'avoir accompagné, mais c'est lui qui l'a fait tout seul finalement, qui a expliqué ce qui le troublait depuis des années, qui a accepté de se déplacer pour aller prendre un rendez-vous d'urgence à l'institut psychiatrique.

Et il respire enfin. Il sourit, me fait l'amour comme si c'était la première fois et me regarde d'un oeil incrédule en me disant que je suis la plus belle du monde. Et je n'ai plus le goût de fondre en larmes. Je me sens légère mais je ne saute pas encore au plafond, ce qui est bien certainement ce qu'il y a de mieux pour moi dont le pendule est si sensile.

Je suis fatiguée d'avoir porté un poids qui n'était pas le mien, mais que je m'étais aproprié quand même, par réflexe plus que par volonté. Parce que prendre et vivre la douleur d'un autre c'est se permettre d'oublier la sienne un instant de plus. Mais je ne la porte plus et me rends compte que je l'aime à travers tout ça, même si je ne suis plus en situation de sauveuse, même si maintenant il est entre de bonnes mains, professionnelles, et non plus dans les miennes, au bout de mes bras, comme un boulet que je m'étais moi-même attaché avant de plonger du 10 m.

11 février 2006

Flotter

La jument leva la tête vers moi, couvrit le terrain en trois foulées, hennit joyeusement en m'accueillant chez elle. Et pour quelques heures de plus j'ai pu tenir le coup. Tenir le coup toute seule, en me rendant compte que je serai toujours seule dans mes montagnes russes, dans débalancements hormonaux, avec mes neurotransmetteurs qui font des free-games.

Ce soir, je pleure, comme d'habitude parce que je n'arrive pas à comprendre ce qui se passe avec moi. Parce que tous, je dis bien tous, mes sentiments sont confus... Je ne sais plus qui je suis, si je dois les aimer tous ou aucun. Je ne sais même plus à quel pôle je suis. Sud, Nord... Par rapport au Big Bang, ou au Big Crunch, où suis-je? Est-ce qu'il y en a un mieux que l'autre?

J'avais commencé à accepter que j'allais vivre avec ma béquille pharmaceutique pour le restant de mes jours. Un stabilisateur, deux anti-dépresseurs... et je me rends compte que je ne peux vraiment pas m'en passer quand l'un d'eux est en rupture de stock chez la compagnie.

Et je pleure parce que je suis amoureuse, trop amoureuse, trop inquiète, trop fatiguée, trop nerveuse, trop éparpillée, trop, trop, Trop, TROP!!!

Ça explose et mon sang se jette dans toutes les directions, je tache mes proches, mes amours, mes amis, ma famille.

Mais il y a un câlin qui m'attend demain qui va tout apaiser. Et dimanche, Aglaé m'a invitée à prendre le thé autour d'une bouchée de foin, et je vais la remercier de m'accueillir à l'extérieur du monde fou de mes deux extrêmes.